Accueil / Grammaire Française / La concordance des temps

La concordance des temps

Concordance des temps

La concordance des temps est la correspondance, nécessaire d’après le sens et la chronologie des actions, entre le temps du verbe de la proposition principale et le temps du verbe de la proposition subordonnée.

La subordonnée exprime un fait qui peut être : antérieur, simultané, postérieur par rapport à l’action principale. Le tableau ci-dessous présente, toutes les correspondances possibles. Selon le degré de réalité, la condition éventuelle, le doute, etc. on utilisera un mode ou un autre. Vous trouverez “in fine” les entrées des diverses propositions.

La concordance des temps est liée à l’étude des propositions et vous trouverez de nombreux renseignements à l’étude de chaque type de propositions. Nous vous conseillons de consulter selon vos besoins les objets suivants : complétive par “que”, complétive interrogative,temporelle, causale, consécutive, finale, concessive, comparative et conditionnelle où sont présentés les temps et les modes après “si“.Ce tableau, que nous n’avons pas voulu surcharger d’exemples, régit l’emploi des temps des verbes en fonction du sens et de la chronologie. Vous remarquerez que le choix existe très souvent, particulièrement lorsque l’action subordonnée est antérieure. Il faut donc choisir le temps qui reflétera le mieux la pensée, le temps qui servira au mieux la nuance.

Pour ne pas trop malmener la concordance des temps, il faut, devant une propositions subordonnée se poser une première question. Le verbe de la subordonnée est-il à l’ indicatif ou au subjonctif. De cette première réponse vont dépendre les possibilités liées aux temps.

1. le verbe de la subordonnée est à l’ indicatif : tous les temps sont possibles si la principale est au présent ou au futur. Tout se passe comme si la subordonnée était une indépendante. (Je suis sûr qu’il mange actuellement. Je suis sûr qu’il a mangé hier. Je suis sûr qu’il mangeait au moment de mon arrivée, etc.).

Si le verbe de la principale est à un temps du passé, la subordonnée se met :

– à l’ imparfait ou au passé simple si le fait est simultané (Il a certifié qu’il était là quand il est entré. Il nous salua dès que nous entrâmes);
– au conditionnel présent ou au conditionnel passé si le fait est postérieur (Il a certifié qu’il serait là demain);
– au plus-que-parfait ou au passé antérieur si le fait est antérieur (Il a certifié qu’il avait fini avant son arrivée. Il envoya la lettre dès qu’il eut eu confirmation de la chose).

Notez : le présent de l’ indicatif dans la subordonnée peut exprimer un fait intemporel et celui-ci n’est pas soumis à la règle des temps (Le voisin m’a dit que la vie est trop chère). On peut aussi envisager la position sur l’axe temporel par rapport au moment de la parole, et le temps de la subordonnée est fonction du sens (Il m’a dit que vous êtes l’homme de la situation. Il m’a assuré qu’il fera attention, etc.).

2. le verbe de la subordonnée est au subjonctif.

Si la principale est au présent ou au futur, la subordonnée se met :

– au présent du subjonctif si le fait est simultané ou postérieur (Il veut que tu viennes tout de suite. Il préfère que tu viennes demain. Il voudra que tu viennes tout de suite. Il préférera que tu viennes demain);

– au passé du subjonctif si le fait est antérieur (Il doute que tu aies voulu le voir).

Si la principale est à un temps du passé, la subordonnée se met :

– à l’ imparfait du subjonctif si le fait est simultané ou postérieur (Nous avons voulu qu’il cédât immédiatement. Il voulait que nous finissions le lendemain);

– au plus-que-parfait du subjonctif si le fait est antérieur (Il voulait que tu eusses écrit avant son départ).

Notez : Après un conditionnel présent, si le verbe de la subordonnée doit être au subjonctif, il se met au présent ou à l’ imparfait (Je voudrais qu’elle écrive ou Je voudrais qu’elle écrivît).

Les temps et les modes donnent lieu à des entrées spécifiques et nous vous conseillons de les consulter pour bien vous remémorer leurs nuances.

Règle 1-3, 2-4

La règle 1-3, 2-4 devrait régler la concordance des temps, elle s’exprime assez simplement mais vous trouverez, si nécessaire, des explications détaillées à l’entrée concordance des temps.

le présent = 1
l’imparfait = 2
le passé = 3
le plus-que-parfait = 4

Le présent (ou le futur) de l’ indicatif se combine avec le présent et le passé du subjonctif : “1-3“.

Le passé de l’indicatif se combine avec l’ imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif : “2-4“.

Il souhaite (1) qu’il lise (1) sa lettre. 
Il souhaite (1) qu’il ait lu (3) sa lettre.
Il souhaitait (2) qu’il lût (2) sa lettre.
Il souhaitait (2) qu’il eût lu (4) sa lettre.

Cette règle régit les relatives et les circonstancielles dont le verbe est au subjonctif.

Il le comprend, bien qu’il parle mal (1) ou bien qu’il ait mal parlé (3).

Il nous comprenait, bien que nous parlassions (2) mal ou bien que nous eussions mal parlé (4).

L’imparfait du subjonctif est largement abandonné et la règle 2-4 avec lui.

“Que” indicatif ou subjonctif?

Lorsque une phrase contient au moins une subordonnée non elliptique, donc deux verbes, il existe un rapport entre les temps et lesmodes des verbes (voir aussi concordance des temps). Les modes ” conditionnel, indicatif, subjonctif” dépendent très souvent du sens du verbe de la principale, parfois des noms, des adjectifs ou expressions qui indiquent un mode particulier (doute, affirmation, condition, etc.).

On classe les propositions subordonnées d’après les fonctions qu’elles remplissent dans la phrase. On distingue ainsi des subordonnées :sujet, attribut, en apposition, COD, COI, compléments circonstanciels, compléments d’agent, complément de nom ou de pronom, compléments d’adjectifs.

“Que” introduit une subordonnée sujet. Son verbe se met :

– à l’ indicatif : après les verbes impersonnels ‘ou de forme impersonnelle) construits positivement et exprimant la certitudeou une forte vraisemblance (Il est certain que vous êtes…il est sûr que vous êtes…il est évident que vous êtes…).

– au subjonctif : après les verbes impersonnels (ou de forme impersonnelle) construits positivement exprimant le doute, la seule possibilité, l’obligation (Il est nécessaire que vous soyez…Il est possible que vous soyez…Il est urgent que vous soyez…Il faut que vous soyez…).

– au conditionnel : après des verbes impersonnels (ou de forme impersonnelle) construits positivement marquant une vraisemblance ou une certitude dépendant d’une condition – énoncée ou non (Il est évident que vous seriez… Est-il sûr que vous seriez… D’où vient que les hommes voudraient…).

“Que” introduit une subordonnée attribut. Son verbe se met :

– à l’ indicatif : quand le fait est réel (L’essentiel est que nous sommes à l’abri. Le plus étrange est que nous sommes seuls).

– au subjonctif: quand le fait est simplement envisagé ou souhaité (Son envie est que tu fasses ce spectacle. Le plus important est que nous gagnions ce soir).

– au conditionnel: quand le fait dépend d’une condition – exprimée ou non (La vérité est que tu aurais intérêt à le faire).

“Que” introduit une subordonnée COD ou COI. Son verbe se met :

– à l’ indicatif: si le verbe de la principale exprime une opinion, une déclaration, une perception et quand le fait est considéré dans sa réalité (J’affirme qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Je crois que tu ne dors pas. Il dit qu’il craint de te voir).

– au subjonctif : après un verbe principal exprimant la volonté, le doute (Il veut que tu croies en lui. Il demandait que tu cédasses), après un verbe principal exprimant un fait simplement envisagé ou souhaité (Je ne crois pas que l’amour soit suffisant. Si vous pensez que l’amour fasse le bonheur vous vous trompez), lorsque la subordonnée est placée en tête de phrase (Que l’amour fasse le bonheur, je ne le pense pas).

– au conditionnel: quand le fait dépend d’une condition – exprimée ou non (Je crois qu’il ferait bien d’y aller. Je suis sûr que les hommes seraient plus heureux s’ils aimaient davantage la vie).

Les subordonnées circonstancielles introduites par “que” obéissent aux mêmes règles : indicatif si le fait est considéré dans sa réalité,subjonctif si le fait est une simple possibilité ou mis en doute, conditionnel si le fait dépend d’une condition – exprimée ou non.

De nombreuses locutions conjonctives imposent le mode de la subordonnée (voir locutions conjonctives et mode).

Locutions conjonctives et mode

Lorsqu’une phrase contient au moins une subordonnée non elliptique, donc deux verbes, il existe un rapport entre les temps et les modesdes verbes (voir aussi concordance des temps, “que”, indicatif ou subjonctif). Les modes ( conditionnel, indicatif, subjonctif) dépendent très souvent du sens du verbe de la principale (parfois des noms, des adjectifs ou expressions). Le verbe de la subordonnée dépend aussi fréquemment de la conjonction qui l’introduit.

On classe les propositions subordonnées d’après les fonctions qu’elles remplissent dans la phrase. On distingue ainsi des subordonnées :sujet, attribut, en apposition, COD, COI, compléments circonstanciels, compléments d’agent, complément de nom ou de pronom, compléments d’adjectifs. Voir, pour les subordonnées sujet, COD, COI, “que”, indicatif ou subjonctif.

Les subordonnées circonstancielles se divisent à leur tour en nombreuses catégories selon les conjonctions qui les introduisent.

– circonstancielle de temps : subjonctif avec “avant que, en attendant que, jusqu’à ce que”.

Notez : en principe, “après que” se construit avec l’ indicatif ou le conditionnel et non avec le subjonctif (Il ferme la porte après que vous êtes sorti).

– circonstancielle de but : le verbe est toujours au subjonctif “afin que, pour que, de crainte que, de peur que“.

– circonstancielle de cause : indicatif ou conditionnel “attendu que, comme, étant donné que, puisque, vu que, sous prétexte que“.

– circonstancielle de conséquence : subjonctif avec “trop pour que, assez pour que, trop peu pour que, suffisamment pour que“.

– circonstancielle d’opposition : subjonctif “au lieu que, bien que, encore que, malgré que, quoique, où que, quelque…que, quoi que“.

– circonstancielle de condition : au subjonctif avec toutes les locutions composées avec “que” “à condition que, à moins que, en admettant que, pour peu que, pourvu que, soit que, supposé que“, etc.

– circonstancielle de comparaison : indicatif ou conditionnel “comme, ainsi que, à mesure que, aussi bien que, de même que, selon que, suivant que

Conjugaison interrogative

Un verbe ou une forme verbale peut se présenter à des tours (formes) différents : affirmatif, négatif, interrogatif, interro-négatif.

Seuls les modes indicatif et conditionnel peuvent prendre la forme interrogative (on trouve parfois, dans la langue littéraire, le plus-que-parfait du subjonctif, avec valeur de conditionnel passé (Eût-il dormi autant ?).

Dans la forme interrogative le sujet est inversé (Tu aimes, Aimes-tu?) ou un introducteur particulier est utilisé (Est-ce que tu aimes?). Souvent, dans le style familier on se contente de marquer la question par l’intonation que donne le point d’interrogation (Tu aimes?).

L’interrogation normale (avec inversion du sujet) donne lieu à certains phénomènes graphiques :

– l’apparition d’un “t” dit euphonique après un “e“, un “a” ou un “c” (Mange-t-il? Viendra-t-elle? Convainc-t-il?);

– le changement du “e” en “é” à la 1re personne du singulier (Aimé-je? Puissé-je?).

L’inversion du pronom sujet “je” n’est pas habituelle pour l’indicatif présent des verbes qui ne se terminent pas par “er“. (On évitera Finis-je? Cours-je? Bois-je? Connais-je?, etc. au profit de Est-ce que je finis? Est-ce que je cours? Est-ce que je connais, etc.). Certains verbes très fréquents supportent, malgré la règle, l’inversion de “je“. Ce sont :

Ai-je? dis-je? dois-je? puis-je? sais-je? fais-je? suis-je? vais-je? veux-je? vois-je?

 

Bonne chance à vous!!

À propos de Nguyen Hoang Anh

Vietnamien, Father, Husband, I own and develop #Apprendre Français, founder of @Apprendre Français

Voir Aussi

Y et En (pronoms)

Y et En (pronoms)  – Ça y est, je suis en retard, je dois m’en …

Indicatif ou subjontif ?

Verbe de jugement : Indicatif ou subjontif ? – Il semble que ce soit demain que les …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *