L’adverbe

I. Adverbes et locutions adverbiales

Les adverbes constituent un ensemble important qui présente une grande diversité. Nombreuses formes (ici, doucement, tout à coup, à peu près, ne…), comportements diversifiés, rôles hétérogènes (modificateur du verbe Il dort mal, de l’adjectif Une très grande maison, d’un autre adverbe Il mange très peu), d’une proposition entière.

Malgré cette diversité, il existe certains caractères communs à tous les adverbes :

Les adverbes sont invariables : ils ne s’accordent ni en genre ni en nombre (Elle est trop grande. Il est trop petit. Elle avance doucement. Ils avancent doucement).
Les adverbes sont les seuls mots qui puissent modifier le sens des verbes (Il mange. Il mange mal, peu, beaucoup, vite).

À côté des adverbes proprement dits, existent des expressions (extrêmement nombreuses) qui jouent le même rôle que les adverbes, ce sont les locutions adverbiales.

Une locution adverbiale peut se former de diverses manières :

– préposition + nom (avec éventuellement un article ou un adjectif : en revanche, sans cesse, à l’envi, à la volée, à cœur joie, à plat ventre, etc.
– préposition + adjectif : à présent, en général, en particulier…
– préposition + verbe + complément d’objet : à brûle-pourpoint, d’arrache-pied, à tue-tête…
– préposition et adverbe : par-dessus, par ailleurs, par contre…
– 
etc.

Les adverbes sont habituellement classés, du point de vue sémantique (d’après leur sens), en diverses catégories : manière, temps, degré, négation, aspect, lieu, temps, etc.

II. Adverbes de négation

La négation pure peut s’exprimer par “non” et “ne“. “Non” est la forme tonique (Voulez-vous lui parler ? Non !) et “ne” la forme atone.

1. “Non” : peut lier des éléments de phrases de même fonction en les opposant (Prenez non les voies faciles, mais les chemins escarpés). Il sert de préfixe négatif à certains mots. Lorsqu’il entre en composition pour former un nom, il se lie par un trait d’union avec le nom ou l’ infinitif (un non-combattant, un non-lieu, etc.). Lorsque le composé est employé adjectivement, “non” reste détaché (Une unité non combattante, une règle non apprise, etc.). Non s’utilise lorsque la négation ne porte pas sur un verbe.

2. “Ne” : est l’ adverbe de la négation du verbe. Le plus souvent, la négation, pour être complète, s’accompagne d’un autre mot que l’on appelle auxiliaire de négation (pas, aucun, point, etc.).

Ne” s’emploie obligatoirement seul :

– dans certaines expressions proverbiales (À dieu ne plaise) ou figées (N’ayez crainte. Qu’à cela ne tienne, etc.).
– lorsqu’il est utilisé avec “ni” répété (Il ne veut ni partir ni démissionner).

On peut employer “ne” seul :

– avec les verbes “cesser, oser, pouvoir” (Il ne cesse de pleuvoir).
– lorsque une relative de conséquence dépend d’une principale négative ou interrogative (Il n’existe pas d’enfant qui ne soit gourmand).
– 
avec un “si” conditionnel (Tu ne réussiras rien si tu ne sais te maîtriser).
– devant “autre” suivi de “que” (Il n’a d’autre choix que de vous parler).
– après le pronom interrogatif ou l’adjectif interrogatif (Quel enfant n’est gourmand ?).
– après “depuis que, il y a que, voici/voilà que” (expressions du temps). (Il y a deux ans que je ne l’ai vu.).

Dans les autres cas, “ne” est accompagné de divers auxiliaires : pas, point, nullement, aucunement, aucun, nul, personne, rien, guère, jamais, plus, nulle part, mais.

La négation formée de “ne + auxiliaire” occupe une position fixe dans la proposition. Cette position dépend du mode du verbe :

– verbe à l’infinitif : les éléments de la négation se placent avant l’infinitif (Il voudrait ne pas dormir). Si l’infinitif est à un temps du passé, la négation, souvent, encadre le verbe auxiliaire (Il désirait ne pas avoir parlé ou Il désirait n’avoir pas parlé).

– verbe à un autre mode que l’infinitif : à un temps simple, la négation encadre la forme verbale et les PRONOMS conjoints (Il ne te dira rien. Je ne le crois plus). À un temps composé, la négation encadre l’auxiliaire et les PRONOMS conjoints (Il ne t’a rien dit. Je ne l’ai pas cru).

III. Types d’adverbes

Du point du vue de leur sens, on classe habituellement les adverbes en sept catégories.

1. Adverbes de manière : bien, mieux, vite, mal, debout, plutôt, aussi, ainsi, comme, ensemble, mieux, comment, etc.

2. Adverbes de quantité (d’intensité) : assez, autant, aussi, beaucoup, moins, peu, très, fort, si, tant, combien, davantage, environ, plus, tellement, trop, etc.

3. Adverbes de temps : hier, aujourd’hui, alors, déjà, après, quand?, jamais, toujours, enfin, soudain, depuis, demain, dorénavant, longtemps, maintenant, toujours, etc.

4. Adverbes de lieu : ailleurs, ici, là, autour, dedans, derrière, dessus, où, dessous, partout, etc.

5. Adverbes d’affirmation : oui, si, soit, volontiers, assurément, aussi, certainement, vraiment, etc.

6. Adverbes de négation : non, ne. (aucun, guère, jamais, rien…).

7. Adverbes de doute : peut-être, probablement, sans doute, apparemment, vraisemblablement.

Beaucoup d’adverbes peuvent avoir des sens différents et appartenir, selon leur utilisation, à plusieurs de ces catégories.

À propos de Nguyen Hoang Anh

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