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L’adjectif qualificatif

I.Groupe adjectival

Les grammairiens utilisent les dénominations “groupe” et “syntagme” de manière assez semblable. Ces deux termes désignent un ensemble de mots qui sont tous en relation avec un élément central appelé “noyau“. Le groupe adjectival est un groupe dont le noyau est un adjectif.

La plupart du temps, un groupe adjectival est formé d’un adjectif et d’un ou plusieurs compléments.

Employé seul, en fonction de pronom, l’adjectif numéral peut avoir un complément (Le second de ses fils vit en Espagne. Deux de mes voisins se sont disputés).

L’adjectif qualificatif quelle que soit sa fonction peut lui aussi recevoir un complément :

– Cette bouteille est pleine de vin.
– Cet élève est doué en langues étrangères.
– Michel, absent du travail, est introuvable.

Un tel groupe peut occuper quatre fonctions :

– épithète (Il échange des informations avec un homme issu de la même école).
– attribut du sujet (Cet homme est plein de morgue),
– attribut du complément d’objet (Il le pense bon pour les faibles),
– apposition (Michel, absent du travail, est introuvable).

II.Pluriel des adjectifs

Ce chapitre ne concerne que les adjectifs qualificatifs. Vous trouverez les explications concernant les adjectifs démonstratifs, les adjectifs possessifs, les adjectifs relatifs les adjectifs numéraux, les adjectifs indéfinis etc. sous les entrées correspondantes.

Les adjectifs qualificatifs forment le pluriel en ajoutant un “s” au singulier. Cette règle souffre, bien entendu, quelques exceptions.

– Les adjectifs “beau, nouveau, hébreu, jumeau” font le pluriel en “x“.

– Les adjectifs en “al” font le pluriel en “aux” (Un homme loyal, des hommes loyaux) sauf : “fatals, bancals, finals, navals“. “Banal” a une forme en “aux” qui vient directement du moyen âge et qui ne s’utilise que dans un sens (four banaux, moulin banaux, etc. = obligation de se servir du four ou du moulin appartenant au seigneur).

– Certains adjectifs en “al“, peu utilisés au pluriel, hésitent entre “als” ou “aux” : “glacial, austral, boréal, initial, jovial, matinal, natal, pascal, etc.”. Les deux formes sont admises.

– Les adjectifs terminés par “s” ou “x” ne changent pas au pluriel.

III.Féminin des adjectifs

Traditionnellement, on part du masculin pour donner le féminin, car le masculin est la forme indifférenciée, neutre. En règle générale, on marque le féminin en ajoutant un “e” à la forme masculine et en modifiant le suffixe dans les adjectifs en “eur“. Ces deux méthodes ne couvrent pas tous les cas.

1. ajout d’un “e” : (Un pantalon bleu. Une chemise bleue). Les adjectifs qui se terminent par “e” au masculin ne changent évidemment pas (Un pantalon rose. Une chemise rose).

2. modification du suffixe “eur” :

Les adjectifs qui correspondent à un participe présent en “ant” font leur féminin en “euse” (Menteur, Menteuse).

Les adjectifs qui se finissent par “teur” et qui correspondent à un participe présent en “ant” forment le féminin en “trice“.

Exceptions : “antérieur, meilleur, inférieur, supérieur, mineur, postérieur, citérieur, ultérieur, extérieur, intérieur et majeur” forment leur féminin par simple ajout d’un “e“.
Pécheur, vengeur, enchanteur” forment le féminin en “eresse“.
Inventeur, persécuteur, inspecteur, exécuteur” forment le féminin en “trice“.

3. cas particuliers :

– “gentil, nul” et les adjectifs en “eil, el“: ils redoublent le “l” devant le “e” du féminin (nul, nulle). Les adjectifs “beau, nouveau, vieux, fou, mou” sont tirés des formes anciennes “bel, nouvel, vieil, fol, mol” (que l’on conserve encore devant une voyelle ou un “h” muet). Le féminin se fait sur ses formes anciennes (belle, nouvelle, vieille, etc.).

– adjectifs en “en“, “on” : ils redoublent le “n” devant le “e” du féminin (bon, bonne).

– adjectifs en “in“, “an“, “un” : ils ne redoublent pas le “n” devant le “e” du féminin (plein, pleine).

Exceptions : “paysan, rouan, valaisan” redoublent le “n“. “malin, bénin” font “maligne, bénigne”.

– adjectifs en “et” : ils redoublent le “t” devant le “e” du féminin.

Exceptions : “complet, incomplet, concret, désuet, discret, indiscret, secret, replet, inquiet” ne redoublent pas le “t” et prennent un accent grave sur le “e” (secret, secrète).

– adjectifs en “gu” : prennent le “e” du féminin et un tréma sur le “u” (aigu, aigüe).

– adjectifs en “at“, “ot” : ils ne redoublent pas le “t“.

Exceptions : “pâlot, maigriot, sot, vieillot, bellot, boulot” redoublent le “t“.

– adjectifs en “er” : ils forment le féminin en “ère” (léger, légère).

– adjectifs en “s” : quand le “s” est précédé d’une voyelle, ils forment leur féminin en “se” (mauvais, mauvaise).

Exceptions : “gras, bas, métis, gros, épais” redoublent le “s” (gras, grasse). “Frais” fait “fraîche”.

– adjectifs en “x” : quand le “x” est précédé d’une voyelle ils forment leur féminin en “se” (jaloux, jalouse).

Exceptions : “faux, roux” redoublent le “s“. “Doux” fait “douce”.

IV.Participe présent et adjectif verbal

Si le participe passé, dans son emploi d’adjectif ne diffère pas de forme d’un emploi à l’autre, il n’en va pas de même pour le participe présent.

Le participe présent (forme en “ant” du verbe : chantant, dormant, courant, etc.) est invariable, l’adjectif varie en nombre et en genre. Dans certains cas, l’orthographe diffère d’une forme à l’autre :

Dans les exemples suivants l’adjectif est la première forme :

adhérent, adhérant – coïncident, coïncidant
confluent, confluant – affluent, affluant
convergent, convergeant – détergent, détergeant
différent, différant – excellent, excellant
divergent, divergeant – équivalent, équivalant
négligent, négligeant – précédent, précédant
violent, violant – influent, influant
communicant, communiquant – vacant, vaquant
convaincant, convainquant – suffocant, suffoquant
provocant, provoquant – navigant, naviguant
délégant, déléguant – fatigant, fatiguant
intrigant, intriguant.

L’invariabilité du participe présent et les différences orthographiques entre l’adjectif et le participe, rendent indispensable de ne pas confondre les deux.

1. La forme en “ant” est participe présent quand :

– elle est précédée de la négation “ne” Il travaille seul, ne communiquant avec personne…
– elle appartient à un pronominal : Ils avancent se convainquant mutuellement…
– elle a un complément d’objet direct : Comparez : J’ai trouvé ces enfants remuants. J’ai trouvé ces enfants remuant leurs jouets.
– elle forme le complément absolu (sujet et prédicat mais sans introducteur ni verbe conjugué) : Le hasard aidant.
– Le plus souvent, mais pas toujours, lorsque l’adverbe qui la modifie est placé après : Méfiez-vous des éléments changeant souvent.

2. La forme en “ant” est adjectif quand :

– elle est attribut : Il est différent. Elle est différente.
– Le plus souvent, mais pas toujours, lorsque l’adverbe (autre que “ne”) qui la modifie est placé avant :Méfiez-vous des éléments souvent changeants.

V.Adjectif et emploi adverbial

Certains adjectifs sont invariables ou, comme “feu, demi, etc.”, analysés ci-dessous, ont des accords particuliers. Les adjectifs de couleurs sont traités à la rubrique accord de l’adjectif de couleur.

Les principales catégories des adjectifs invariables sont :

1. Les adjectifs employés adverbialement. Quand l’ adjectif se détache du nom et vient se joindre au verbe, il est souvent laissé invariable. (La boîte sonne creux. Les grêlons tombent dru).

2. les adjectifs ethniques, quand ils ne sont pas européens. L’usage est flottant mais la plupart des spécialistes conseillent de ne pas faire varier ces adjectifs – ni en genre, ni en nombre. (Une femme esquimau, des femmes esquimau).

3. Les éléments latins ou grecs qui entrent en composition pour former des adjectifs (des pseudo-latinismes, des tragi-comédies).

4. Certains adjectifs de formation expressive : riquiqui, gaga, rococo, baba, sensas, etc.

5. Les éléments employés comme adjectifs de façon occasionnelle :

– Adverbes employés adjectivement : Des femmes bien. Les roues arrière. Des places debout, etc.,
– extra, maxi, mini, super, ultra : Des jupes super mini.
– Les noms lorsqu’ils sont employés adjectivement sont, la plupart du temps, laissés invariables. (Des couples pot-au-feu. Des livres bon marché). Lorsque le nom est totalement adjectivé, il varie (Des manifestations monstres).

Cas particuliers :

Demi, semi, mi : lorsqu’ils précèdent le nom qu’ils qualifient, ils sont invariables. Ils se joignent alors à ce nom par un trait d’union. Quand “demi” suit le nom, il varie en genre seulement (Quatre heures et demie). Ne confondez pas avec le nom “demi” (Il boit deux demis. Cette horloge sonne les heures et les demies).

nu : est invariable devant “jambes, pieds, bras, tête” et se joint par un trait d’union. Il est invariable dans la locution adverbiale “à nu“. On écrit traditionnellement la “nue-propriété, les nus-propriétaires“. Placé derrière le nom qu’il qualifie, “nu” s’accorde normalement (Il avance tête nue. Il marche les pieds nus).

nouveau : est invariable devant un adjectif ou un participe et s’y joint par un trait d’union. Devant un nom, “nouveau” est considéré comme un adjectif et il est variable (Les nouveaux mariés. De nouveaux riches). “Nouveau” peut être utilisé comme nom. Il fait alors exception à la règle (des nouveau-nés).

possible : est invariable avec les déterminants “le plus, le moins, le meilleur“, etc., quand il est placé avant le nom (Je voudrais le plus possible de pommes).

haut : il faut prendre garde de ne pas confondre “haut” adjectif, et “haut” adverbe. On dit Un haut personnage, une haute personnalité, “haut” est alors adjectif, il peut se lier à un nom propre si le composé désigne une unité administrative (Les Hautes-Pyrénées). Mais “haut” est adverbe quand il modifie un adjectif ou un verbe, et dans certaines expressions (Un personnage haut placé. Une femme haut placée. Haut les mains. Ils volent haut. Elles parlent haut, etc.).

plein : lorsqu’il précède un nom, lui-même précédé d’un article ou autre déterminant, est préposition et ne varie pas (Il avait des billes plein les poches).

fort : est invariable dans l’expression “se faire fort de“.

feu : (adjectif = défunt) varie s’il est placé entre l’ article défini ou un adjectif possessif et le nom (La feue reine d’Espagne. Sa feue mère). Il reste invariable dans les autres cas (Feu la reine d’Espagne. Feu sa mère).

flambantneuf : en principe, “flambant” reste invariable et “neuf” s’accorde ou non avec le nom (Des voitures flambant neuves ou Des voitures flambant neuf).

franc de port : est invariable s’il se rattache au verbe (Il a envoyé franc de port les derniers colis mais Il a reçu ces colis francs de port).

grand : reste invariable dans certaines expressions (Des grand-mères, Des grand-tantes, etc.).

VI.Participe présent et adjectif verbal

Si le participe passé, dans son emploi d’adjectif ne diffère pas de forme d’un emploi à l’autre, il n’en va pas de même pour le participe présent.

Le participe présent (forme en “ant” du verbe : chantant, dormant, courant, etc.) est invariable, l’adjectif varie en nombre et en genre. Dans certains cas, l’orthographe diffère d’une forme à l’autre :

Dans les exemples suivants l’adjectif est la première forme :

adhérent, adhérant – coïncident, coïncidant
confluent, confluant – affluent, affluant
convergent, convergeant – détergent, détergeant
différent, différant – excellent, excellant
divergent, divergeant – équivalent, équivalant
négligent, négligeant – précédent, précédant
violent, violant – influent, influant
communicant, communiquant – vacant, vaquant
convaincant, convainquant – suffocant, suffoquant
provocant, provoquant – navigant, naviguant
délégant, déléguant – fatigant, fatiguant
intrigant, intriguant.

L’invariabilité du participe présent et les différences orthographiques entre l’adjectif et le participe, rendent indispensable de ne pas confondre les deux.

1. La forme en “ant” est participe présent quand :

– elle est précédée de la négation “ne” Il travaille seul, ne communiquant avec personne…
– elle appartient à un pronominal : Ils avancent se convainquant mutuellement…
– elle a un complément d’objet direct : Comparez : J’ai trouvé ces enfants remuants. J’ai trouvé ces enfants remuant leurs jouets.
– elle forme le complément absolu (sujet et prédicat mais sans introducteur ni verbe conjugué) : Le hasard aidant.
– Le plus souvent, mais pas toujours, lorsque l’adverbe qui la modifie est placé après : Méfiez-vous des éléments changeant souvent.

2. La forme en “ant” est adjectif quand :

– elle est attribut : Il est différent. Elle est différente.
– Le plus souvent, mais pas toujours, lorsque l’adverbe (autre que “ne”) qui la modifie est placé avant :Méfiez-vous des éléments souvent changeants.

VII.Comparatifs

Le comparatif est la manière d’exprimer une qualité en la comparant. Les adjectifs qualificatifs (et certains adverbes) admettent les degrés de la comparaison.

Quelle que soit sa fonction, l’adjectif qualificatif peut exprimer plusieurs degrés vis-à-vis de sa signification propre. Il est au degré positif quand il exprime sa signification sans modification en plus ou en moins (Un homme petit. Un soldat courageux).

Il est au degré comparatif quand il exprime une comparaison. Cette comparaison peut avoir plusieurs nuances.

– l’égalité : celle-ci se forme en faisant précéder l’ adjectif de l’ adverbe “aussi” (Pierre est aussi rapide que Paul);
– la supériorité : celle-ci se forme en faisant précéder l’ adjectif de l’ adverbe “plus” (Pierre est plus rapide que Paul). Elle est parfois exprimée par une forme particulière de l’adjectif et l’adverbe est alors inutile (voir ci-dessous);
– L’infériorité : celle-ci se forme en faisant précéder l’ adjectif de l’ adverbe “moins” (Paul est moins rapide que Pierre);

Trois adjectifs ont un comparatif irrégulier (écrit en un seul mot et ne relevant pas des règles ci-dessus) :

– “meilleur” est le comparatif de “bon“. On ne peut dire “Plus bon??“;
– “moindre” est le comparatif de “petit” (il est très nettement en recul devant “plus petit“);
– “pire” est le comparatif de “mauvais” (il est concurrencé par “plus mauvais“).

VIII.Superlatif

Le superlatif exprime une qualité portée à un haut degré ou à l’extrême. Le superlatif peut être relatif ou absolu.

Le superlatif absolu se forme avec un des adverbes “très, fort, bien, extrêmement, etc. placé avant l’ adjectif (Cet homme est très fort, extrêmement fort, etc.).

Le superlatif relatif exprime le degré le plus élevé ou le plus bas. Il compare avec quelque chose (ou quelqu’un) ou indique un degré par rapport à l’objet (ou l’être) considéré (Le plus fort des deux. Votre plus grande chance. Ce qu’il a de plus remarquable).

Il se forme avec le comparatif de supériorité ou d’infériorité précédé de l’ article défini, d’un adjectif possessif ou de “de“.

À propos de Nguyen Hoang Anh

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